Il y a des mots barbares qu’il est marrant de connaître quand on est un amoureux de vin, et plus précisément de champagne. En France, plus de 10’000 personnes s’adonnent à la placomusophilie… mais qu’est-ce ?

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Qu’est-ce que la placomusophilie ?

Certains collectionnent les cartes Pokemon, d’autres les timbres et il y a ceux qui collectionnent les plaques de muselet de champagne.

La plaque de muselet est le petit rond de métal que l’on trouve sur la bouteille de champagne ou de vin effervescent. Associée au prestige d’une Maison de Champagne, la plaque s’est, petit à petit, érigée en totem que certains cherchent désespérément à avoir dans leur collection. Un petit objet  de rien du tout pourtant symbole esthétique de la Champagne.

Qui s’amuse à collectionner des plaques de muselets ?

On pourrait croire que la placomusophilie est plus qu’anecdotique, pourtant ses adeptes ont même une capitale mondiale : Vertus, un village de la Côte des Blancs. Il existe aussi une Bourse réputée d’échanges. Il existe même un musée espagnol consacré à cette activité.

Ne vous méprenez pas, la placomusophilie est une collection qui peut prendre beaucoup de temps à réaliser. On recense aujourd’hui environ 30’000 plaques de muselets différentes en Champagne, et il est possible d’y ajouter 80’000 autres plaques grâce aux autres effervescents !

Champagne : La rareté fait la collection

Comme pour n’importe quel collectionneur, la perle rare stimule les placomusophiles. À chacun sa façon de procédé : quand les uns recherchent les plaques de muselets des grandes Maisons de champagne, d’autres ne collectionnent que les plaques des vins effervescents dégustés pour se souvenir de cet instant de gaieté.

Les producteurs champenois voyant en ces collectionneurs un bon moyen de faire un peu d’argent ont multiplié les variétés, n’hésitant pas à changer de couleur tous les ans, pour toutes leurs cuvées. Vous pouvez par exemple collectionner les deux capsules ci-dessous, car les champagnes Jean Vesselle révèlent quelques évolutions frappantes — en tout cas pour un placomusophile — comme la disparition du point blanc et du cercle blanc, ou encore des couleurs plus vives.

 
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Certaines sont même faites à l’intention exclusive des collectionneurs, ces plaques sont dites de complaisance. La capsule de complaisance la plus connue est certainement celle du champagne « L’amour de Deutz ». Le plaisir que procure l’Amour de Deutz commence avant même la dégustation, lorsque l’on découvre une capsule plaquée or. Cette œuvre délicate est signée du créateur Pascal Morabito, qui a voulu représenter la philosophie de ce champagne par un angelot prêt à lancer un diamant. Grâce à son cordon, il est possible de porter cette plaque en collier ou bracelet.

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Au commencement, les plaques s’échangeaient selon la méthode « une pour une » entre collectionneurs, mais c’est de plus en plus « à la cote » que se déroulent les échanges. Cette cote est consultée principalement dans deux ouvrages : le Lambert et le Cap’s. Le premier, considéré comme « la Bible » du placomusophile, est de loin le plus répandu.

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L’origine de la capsule de Champagne

La capsule de champagne est connue depuis le 5 juillet 1844, date d’un brevet auprès du Ministère de l’Agriculture, déposé par Adolphe Jacquesson, négociant à Châlons-en-Champagne. Elle permettait d’assurer une meilleure étanchéité au bouchon de liège, qui était maintenu par des ficelles de chanvre. L’impression du mot « champagne » apparut sur ces plaques de muselet au début du XXe siècle. Ce n’est que par la suite qu’elles devinrent des vecteurs publicitaires pour chaque marque champenoise. Cette invention consistait en une plaque de fer blanc tenue serrée par des fils de fer torsadés.

La maison Louis Dubosquet utilise encore une corde tressée posée en croix pour maintenir le bouchon.

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Jean-Nicolas Mouretin

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